J'écoute : Le nouveau Camille
Je regarde : Plus rien
Je lis : Roméo et Juliette
Je joue : Civilization 4
Je mange : du maquereau au caramel
Je bois : une infusion détox
Je cite : «Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci» Paul Eluard
Je pense : à mon jdr
Je rêve : à mon futur loft
(mis à jour jeudi 13 novembre 2008 à 11:51)

28/09/2007

28/09/07 - 15:21

Ecrire pour des séries aux scénarios obscurs et obscènes

Samedi soir dernier, le gourouthérapeute de mon père m'a imposé les mains et me faisant parler de mes parents et en m'expliquant que c'était karmique et localisé dans le bras droit. J'ai l'impression d'avoir un peu plus d'énergie à consacrer à mon travail depuis. Je suis d'ailleurs ressorti de cette séance très détendu et j'ai accepté un autre rendez-vous avec plaisir. On verra dans trois ou quatre séances si c'est toujours concluant.

Je vous parlerai de mon père une autre fois, il est cosmique. C'est Isabelle qui m'a sorti ça, je trouve que ça lui va bien. D'ailleurs, je vous parlerai de toute ma famille, comme ça vous me pardonnerez mes délires.

20/09/2007

20/09/07 - 14:15

La question de la machine

Je suis allé au cinéma hier, pour voir La Question Humaine de N. Klotz, avec Mathieu Amalric.
J'aime beaucoup cet acteur d'ailleurs.
J'ai été intéressé par le propos du film. Et en même temps un peu déçu, car je m'étais attendu à un film sur le monde de l'entreprise, or le monde de l'entreprise me semble au final traité de façon relativement superficielle, comme vu d'un oeil extérieur. Ceci ne vide pas le film de son intérêt qui réside selon moi ailleurs. Il me semble avant tout transcrire les états d'âme d'un homme face au choix que lui impose la machine collective.

Evidemment le monde de l'entreprise provoque ce type de situation. Pourtant la situation du personnage est relativement caricaturale, paroxystique. Et son choix, s'il n'est pas facilité, s'en trouve éclairci.

Or si le film décrit bien cette situation de choix, et ses conséquences morales, il me semble rester quelque peu sur la touche concernant la machine elle-même. C'est aussi parce qu'il compare deux machines qui quoi, qu'on en pense, sont distinctes (pour information : une grosse entreprise industrielle multinationale et le troisième Reich).

En ce moment, je déprime d'une façon tout à fait particulière au sein de mon entreprise, et ceci n'est pas dû à des situations typées par le film, bien qu'elles soient spécifiquement provoquées par la situation paternaliste de la hiérarchie entrepreunariale.

J'ai trouvé beaucoup plus juste sur ce point, mais pas sur d'autres aspects, le roman de Nothomb, Stupeur et Tremblements. Même si là encore les situations sont extrêmes. Manque la subtilité de la machine.

Encore un autre exemple à l'esprit, last but not least. Le Diable s'habille en Prada. J'ai lu que le roman était beaucoup plus féroce que le film. Féroce ? J'aurais tendance à dire plutôt revanchard. Car j'ai beaucoup apprécié au contraire le film dans la nuance qu'il met en scène. L'héroine n'est-elle pas finalement un anti-héros ? Il y a une scène intéressante au début, où elle se fait rembarrer par sa patrone qui lui explique l'enjeu et l'intérêt de la mode vestimentaire. Et ce discours n'est pas réellement démenti par la suite. Ce sont d'autres enjeux (de pouvoir et de trahison) qui font se détourner l'héroïne de la carrière qu'elle pourrait autrement suivre. Ceci me semble majeur car ainsi toute hiérarchisation des activités est-elle désamorcée : le monde de la mode n'est pas spécialement futile ou dévalorisant/dévalorisé. C'est l'exercice du pouvoir qui est un jeu aliénant. Le personnage de la patrone de Vogue est ainsi considérablement humanisé, presque enobli. Et les amis de l'héroïne, présentés comme des jeunes gens sympathiques, l'abandonnent au cours du film pour des raisons oscillant entre la naïveté, le discours de classes simplifié, voire la simplification abusive et moralisatrice de situations complexes.
Bref, un film plus complexe à mes yeux que ce que j'ai souvent lu dessus.

En tout cas, l'entreprise est bien un lieu dangereux dans lequel le pouvoir est à la fois sacralisé et banalisé, sanctuarisé et voilé. Et son exercice prête fort peu à une interrogation morale ou métaphysique, au profit de la culture du résultat. Or de ce point de vue, ne sont pas nécessairement plus aliénants les emplois dans les grandes entreprises. Ce n'est pas la taille de la structure qui aliène à mes yeux, c'est plutôt la subjectivité des critères qui seront employés pour apprécier la valeur de telle ou telle ressource humaine. Rien n'est pire que d'être soumis à l'arbitraire d'un supérieur, quelle que soit l'importance de la structure.

Or comme je l'indiquais dans mon post précédent, qui saurais avec certitude quel a été l'engagement d'un tiers dans son action. Qui peut juger d'une personne au vu de ses résultats ? Quel est le lien entre l'utilité objective d'une ressource (humaine) et son mérite personnel ? A mon sens, l'entreprise pose aujourd'hui avec acuité ces problèmes, cette question humaine. La question est posée par les fait, mais les intelligences en sont distraites, car il ne convient pas tant de poser des questions que d'apporter des résultats.

18/09/2007

18/09/07 - 12:46

Le verbe

J'ai été "taggé".
Encore une chaîne à ne pas interrompre, rituels virtuels auxquels il me coûte de répondre, car j'y vois une forme d'obscurantisme grégaire. Mais elle me pousse à ouvrir ce blog.

Cependant, je me posais déjà la question d'ouvrir ou non un blog. Une vague envie de s'exprimer, de présider, plus exactement, une discussion. Fixer l'ordre du jour au gré de mes humeurs, n'être lu que de quelques uns qui y trouvent intérêt, s'en flatter, échanger avec eux. Tout cela paraissait finalement assez vain une fois considéré. Mais je me méfie aussi de mon penchant à l'inaction sous prétexte de méditation. Ouvrir un blog c'est agir, c'est participer du bruit ambiant, ou de l'harmonie, c'est selon.

"Être ou ne pas être, c'est la question : est-il plus noble de souffrir dans l'âme les frondes et les flèches d'une Fortune enragée, ou de prendre les armes contre une mer de détresse, et d'en finir en s'y opposant ? "

Bien malin celui qui apporterait une réponse nette et tranchée à cette question fondamentale. Il n'était plus sûr que le blog soit fondamentalement dénué d'un intérêt réel pour autrui et pour le monde.

Deuxième argument que je me suis opposé : saurais-je donner à ce blog des apports réguliers et constants ? Car si je ne puis, ce blog est-il autre chose que l'expression de mes caprices ? Et s'il n'est que cela, comment pourrais-je penser qu'il s'agit d'un acte et non d'une passion ? Et s'il ne s'agit que d'une passion, il n'y a là que le penchant de l'ego à se satisfaire de l'illusion de son existence. Le néant, donc la vanité. Et hop, je retombe sur mes pattes.

Mais comment saurais-je à l'avance que je serai à même d'honorer cet engagement moral qu'une expression active et transcendante recquiert ? Le concept d'engagement me semble nécessiter, parce qu'il contient une forme de courage fondamental face à la vie, d'affronter un inconnu. Et cet inconnu ne se situerait pas tant dans le résultat réel de l'engagement que dans la consistance même de cet engagement, dans sa hauteur et dans sa qualité. Si je peux apprécier l'intérêt objectif de l'action d'une personne en fonction de ses résultats, jamais il ne me sera possible d'évaluer l'ampleur des possibles, et donc jamais je ne pourrais prétendre à connaître la qualité même de l'engagement que cette personne a eu envers son être intime, c'est-à-dire si elle est allé aussi loin qu'elle l'eut pu.

Dans cette perspective, il ne m'est pas véritablement possible de réfuter l'intérêt d'une action sous le prétexte que je risque de trahir mon être idéal en ne me réalisant pas complétement. Toute forme de réalisation de soi est une prise de risque, et la considération du risque de la vanité d'une action ne peut être invoqué pour s'abstenir, car l'abstention est l'abdication devant la vanité elle-même. Or si le monde est entièrement vain, je n'en sais rien.

Il me semble, pour répondre à Shakespeare que le monde n'est ni futile ni sacré. Il est n'est qu'en attente de notre devenir, c'est là tout le sens de la vie. Il ne faut pas chercher la cause dans la fortune qui nous échappe, mais dans notre réponse à cette adversité aliénante. Le sens de la vie, il nous appartient donc de le formuler et de le réaliser.

Le mystère fondamental qui couvre la vérité de notre liberté ou de notre servitude nous rend libres de nous engager, de nous tester sur la voie de cette liberté. Et loin de penser comme Sartre que nous sommes condamnés à être libres, je dirais que nous sommes condamnés à éprouver notre liberté face à la fortune et aux passions, quelque soit le caractère absolu ou non de cette liberté.

Je vais donc éprouver ma liberté en ouvrant ce blog qui je l'espère fera de moi quelqu'un de meilleur.