Le mystère est perçu différemment mais il est perçu par tous. Et comment unifier la perception de ce qui n'est pas perçu ? Le masque que nous posons sur le mystère, c'est le miroir de notre propre réalité, son horizon. Le mystère peu sembler multiple mais il est un car son essence est universelle : il est la part de l'inconnu dont nous pouvons sentir l'existence sans pouvoir en définir un ordre intelligible.
Le mystère, c'est la question : je cerne ce que je ne sais pas, j'en connais l'étendu, sans doute j'en détiens le sens, mais celui-ci se dérobe à ma conscience. Il n'y a pas de connaissance sans mystère, juste un savoir. Car le savoir qui ne répond à aucune question est un mur et non une fenêtre. C'est un mur qui empêche la question, qui la prévient, qui donne stabilité face à un vide, qui rassure l'esprit et le borne. Alors que celui qui pose la question du mystère peut s'appuyer sur le savoir pour aller dans la direction qu'il choisit, il a couché le mur du savoir à ses pieds pour en faire un pavé utile, pour construire le chemin de la connaissance. Et par la connaissance, il devient, il avance, il renaît, et ainsi ne se laisse pas dévorer par les démons de la satisfaction, de la certitude, de l'immobilisme.
26/03/08 - 20:58
Nous nous connaissons ce sur ce point, je n'y reviendrai pas, donc.
Ceci, juste : si l'on a un intérêt pour le savoir, ceci est juste. Mais on peut aller à la connaissance sans aucun savoir - sans aucune brique, sans escalier pour une élévation.
Me plait que - je glose - "savoir" puisse s'entendre autrement que dans son usuel sens intellectuel. Savoir de la main, du jeu, du sexe, du corps. Tous peuvent mener à ces variations de l'orgueil (philautia, amour de soi-même) que tu épingles : "satisfaction" et "certitude".
kliban